Face à la démocratisation rapide des systèmes d’intelligence artificielle générative (comme Mistral AI, CoPilot ou ChatGPT), la Haute Autorité de santé (HAS) a publié, le 30 octobre 2025, un guide concis proposant des clés d’usage pour les professionnels du secteur sanitaire, social et médico-social.
L’objectif est d’encadrer l’utilisation de ces outils prometteurs, mais dont les limites (erreurs ou « hallucinations », risque de partage d’informations confidentielles) ne sont pas toujours maîtrisées par les utilisateurs.
Le potentiel de l’IA en santé
L’IA générative est de plus en plus utilisée pour des applications spécifiques en santé, comme :
- Gain de temps : Transcription de conversations lors de consultations.
- Aide à la recherche : Élaboration de synthèses de littérature scientifique.
- Support pédagogique : Création de documents illustrés pour expliquer des parcours médico-sociaux.
Ces systèmes pourraient permettre de libérer du temps à dédier aux soins et à l’accompagnement, d’améliorer la qualité de vie au travail et de favoriser la qualité des pratiques professionnelles.
Les 4 lignes directrices pour un usage responsable : A.V.E.C.
Pour encourager un usage conscient, supervisé et raisonné, la HAS a structuré son guide autour de quatre lignes directrices, formant l’acronyme A.V.E.C., chacune déclinée en actions concrètes pour les professionnels :
| Ligne directrice | Signification | Exemples d’application pour les professionnels |
| A | Apprendre | Se renseigner via des sources fiables, se former sur les règles de confidentialité des données de santé, s’orienter vers un système adapté à ses besoins et effectuer des tests. |
| V | Vérifier | Ne pas partager d’informations confidentielles. Considérer chaque contenu généré comme une proposition à contrôler (notamment les valeurs chiffrées, unités ou noms de médicaments). Être attentif au coût environnemental de l’IA. |
| E | Estimer | Se fixer des objectifs et réinterroger la pertinence de l’outil dans le temps (nombre de corrections nécessaires, facilité d’utilisation) pour améliorer l’organisation. |
| C | Communiquer | Échanger dans un langage adapté avec le patient sur l’usage de l’IA. Favoriser les retours d’expériences avec d’autres utilisateurs. Être transparent sur les typologies de données partagées. |
Bien maîtrisée, l’IA générative est présentée par la HAS comme une alliée au service de la qualité et de la sécurité des soins. Ces travaux seront complétés prochainement par une fiche d’information destinée aux usagers de l’IA générative en santé.