France Santé : la FNI dénonce un dispositif qui marginalise les infirmiers

Le gouvernement a présenté un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026 visant à créer le réseau « France Santé », censé améliorer l’accès aux soins sur tout le territoire.
Mais pour la Fédération Nationale des Infirmiers (FNI), cette réforme, présentée comme ambitieuse, oublie un acteur essentiel du premier recours : l’infirmier.

Un dispositif centré sur les médecins et les pharmaciens

Le texte prévoit que les structures labellisées « France Santé » — maisons et centres de santé, cabinets médicaux et officines — puissent conclure des conventions donnant droit à des financements spécifiques.
Cependant, les principaux bénéficiaires restent les médecins et les pharmaciens :

  • Les pharmaciens voient leurs missions étendues à « l’évaluation et la prise en charge de situations cliniques », avec une tarification dédiée.
  • Les médecins conservent le pilotage des structures conventionnées.
  • Les infirmiers, eux, ne sont mentionnés que comme simples membres d’équipes de soutien, sans reconnaissance financière ni place dans la gouvernance.

Pour la FNI, cette répartition est injuste et inefficace : « Les infirmiers assurent la continuité, la coordination et la proximité des soins, notamment dans les territoires sous-dotés », rappelle la fédération.

Les infirmiers, acteurs du quotidien du premier recours

Le gouvernement promet un accès à un professionnel de santé dans les 48 heures. Mais la FNI souligne une réalité bien connue du terrain :
ce sont les infirmiers libéraux et salariés qui garantissent cette continuité, dans les EHPAD, à domicile ou dans les zones rurales, en assurant prévention, suivi des pathologies chroniques et gestion des urgences non vitales.

Les exclure du dispositif « France Santé », c’est nier leur rôle central dans le maillage territorial et la coordination des parcours de soins.

La FNI formule trois demandes clés

Face à ce qu’elle considère comme une marginalisation de la profession, la FNI appelle le gouvernement à :

  1. Ouvrir une concertation nationale avec les infirmiers sur le déploiement du réseau France Santé.
  2. Reconnaître le rôle d’acteur de premier recours des infirmiers dans la gouvernance des structures labellisées.
  3. Valoriser les compétences infirmières dans la prévention, la coordination et la prise en charge clinique, notamment via la mise en œuvre rapide de la Loi infirmière.

Une mise à l’écart jugée incompréhensible

Pour Daniel Guillerm, président de la FNI, cette orientation gouvernementale est un contresens :

« Réduire les infirmiers au statut d’exécutants dans le dispositif France Santé, c’est nier la réalité du premier recours en France. Sans eux, aucun maillage territorial ne peut garantir un accès équitable aux soins. »

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